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A la croisée des chemins entre Bisounours, religieux et responsables politiques

La fin du monde des « Bisounours »

Réagir à chaud, dans la tourmente, dans le feu de l’action n’est pas toujours souhaitable. Encore moins quand les thèmes évoqués reposent sur l’humain, sur sa capacité à dépasser l’entendement, sur les relations œcuméniques, sur les religions et particulièrement l’Islam, sur des mesures fortes et sans équivoques qui viseraient à ne plus être prisonniers d’un idéal qui, pour certains dirigeants de la classe politique, ressemble au monde des « Bisounours ».

Il y a des moments où les gens engagés, que cela soit dans des associations, des partis politiques, des groupes religieux, doivent s’exprimer sans langue de bois tout en respectant les uns et les autres. Il me semble que les faits dramatiques du mois de janvier liés à Charlie Hebdo méritent ce franc parlé et c’est avec cette ligne directrice que je souhaite m’exprimer aujourd’hui, en tolérance certes mais en ayant un sens critique.

Religions, effet de mode et enseignement religieux

Rappelons des éléments de base qui permettent de mieux comprendre ce qui se passent aujourd’hui. Les terroristes et mouvements visibles de terroristes, dans leur majorité, se revendiquent de l’Islam (je dis bien « se revendiquent » mais cela n’a rien à voir avec l’Islam pratiquée par des personnes intégrées) aujourd’hui parce que les autres religions ont peut-être déjà eu leur lot de massacres et d’attentas perpétués. N’oublions pas non plus la nature de certaines religions, comme le christianisme et l’Islam, qui visent à s’étendre et possèdent une stratégie « expansionniste » (contrairement au Judaisme par exemple qui revendique être le « Peuple Elu ». On comprend donc que le but n’est pas d’avoir le plus de membres possibles au sein du « Peuple Elu »). Des effets de mode existent dans notre société, et il en est de même au sujet des religions. Il est donc aujourd’hui « moins à la mode » de caricaturer les religions autres que l’Islam. Car la force d’une caricature ou d’un article sera proportionnelle à la force des réactions suscitées.

Rappelons donc que les caricatures du prophète Mahomet ont été probablement moins nombreuses que celles du Christ par exemple ou que les caricatures des instances Islamiques ont été moins nombreuses que celles sur le clergé. Elles ont également été moins acerbes sur l’Islam et Mahomet que sur le Catholicisme et le Christ par exemple (cf un dessin tiré de Charlie Hebdo en novembre 2012 http://www.huffingtonpost.fr/2012/11/06/une-charlie-hebdo-catholiques-mariage-gay-sodomie_n_2080928.html).

Rappelons enfin, que les religions sont issues de la même souche. D'après les textes sacrés, nous serions tous des enfants d’Abraham. Que le fils sacrifié ait été Ismael ou Isaac ne change pas grand-chose. Chaque religion a le droit d’avoir sa propre lecture et possède son livre sacré propre. Il est donc dangereux de raisonner systématiquement sur ce qui sépare les religions. Ecrivons, parlons, échangeons, organisons des événements sur ce qui les rassemble.

L’enseignement des religions serait peut-être aussi à revoir car quand on voit/entend des propos relatés de collégiens, il y a lieu de s’inquiéter :

«Mais vous ne comprenez pas, le Prophète, ils n'auraient pas dû le dessiner (…). Il est au-dessus des hommes»

L’enseignement des religions ne doit pas être vu comme quelque chose qui annihilerait l’esprit critique. Certaines réponses vont être données par la religion mais il convient également de chercher en nous même. Un enfant ou un être équilibré n’est-il pas équilibré à partir du moment où il cherche en dehors et à l’intérieur de lui les réponses à ses questions sur son existence et sur l’existence en général ?

Puissions nous avoir des enseignements religieux qui suivent plus cette trame et puissions nous voir les différences non pas comme des oppositions mais comme des complémentarités.

Exemples de contradictions entre les discours et postures d'hier et d'aujourd'hui

Il convient également de souligner que les discours actuels du gouvernement, sont dans l’ensemble, des discours de façade de la part de personnalités, passées ou actuelles, qui disent aujourd’hui l’opposé de ce qu’elles disaient hier :

-          Monsieur PEILLON (ancien Ministre de l’éducation nationale) qui déclarait lors de l’Université de Neuchâtel l’année dernière que le catholicisme était incompatible avec la liberté, contrairement à l’Islam :

http://www.lesobservateurs.ch/2014/12/14/vincent-peillon-le-catholicisme-est-incompatible-avec-la-liberte-contrairement-lislam/

-          Les services de Monsieur Cazeneuve, actuel Ministre de l’intérieur, se retrouvant démunis face à la publication d’un livre prônant, notamment, la lutte contre les ennemis de l’Islam en milieu d’année dernière :

http://www.metronews.fr/info/livre-pronant-le-djihad-une-polemique-mais-pas-d-interdiction/mngC!5qMgn5bs5Od2/

Des centaines d’exemples de ce genre existent et montrent simplement que la parole donnée n’a pas de valeur. Que l’on peut dire tout et son contraire suivants les situations et le contexte.

Ne pas confondre vitesse et précipitation

Oui il faut réagir vite pour sécuriser nos concitoyens et pour mettre hors d’état de nuire des terroristes en puissance.

Oui il faut être force de propositions et se donner les moyens de réaliser ce qui est proposé notamment financièrement.

Mais sachons également étudier l’existant avant de vouloir créer d’autres commissions, comités ou autres groupes de réflexion en tout genre car il existe déjà des commissions et des rapports. Utilisons déjà l’existant à 100% et surtout donnons nous les moyens d’aboutir par la suite.

http://lelab.europe1.fr/Lutte-contre-le-djihadisme-ce-qui-existe-deja-a-l-Assemblee-nationale-et-au-Senat-20188

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